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Valeur de la solde d'un matelot

ogobin
female
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Bonjour,
Pour raconter l'histoire familiale, je cherche à comprendre ce qui a pu motiver mon aïeul Guillaume Combaud à s'engager en 1751 comme matelot. Il a 27 ans, il est alors d'une famille de laboureurs, récemment marié et bientôt père. J'aimerais comparer la valeur de la solde de 1751 au revenu d'une famille de laboureurs de l'époque. Le Registre des Classes indique: matelot à 10. Puis d'une autre écriture: Mte à 12 #. Que signifie ce Mte? Et cette somme est-elle "au mois"?
Et surtout, surtout, cette solde est-elle plus motivante que le revenu d'un laboureur? Il fallait sans doute qu'elle le soit quand on connaît les conditions sur les navires de l'époque. Et le taux de pertes humaines de toutes causes:30% d'après tous les rôles d'équipages consultés. D'ailleurs, Guillaume Combaud va finir sa vie en 1756 prisonnier des Anglais sur les pontons de Plymouth, après une campagne sur un vaisseau de la Marine Royale, puis quatre sur des navires marchands.
Merci beaucoup aux personnes qui pourront m'éclairer.
Odile

psaliou
psaliou
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Bonjour,

Comme vos informations viennent d'un document dont vous semblez disposer ce serait bien de pouvoir le consulter.

La notion de revenu en fonction d'une profession est très large: un laboureur (voir la définition qui peut varier suivant la période et la région) dans une zone difficile n'a certainement pas les mêmes revenus que dans une zone plus productive.

Ces années 50 sont aussi des périodes de grandes famines.
Il faut peut-être aussi envisager que les bateaux "marchands" pouvaient pratiquer la "Course" (Corsaires) et que les équipages pouvaient profiter de revenus des partages des prises.
Kenavo,
Pierre

delsergio
male
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Bonjour

http://provence-historique.mmsh.univ-aix.fr/Pdf/PH-1980-30-122_02.pdf
Un novice obtient, en 1720-1725, un salaire mensuel moyen de 15 livres qui augmente dans la seconde moitié du siècle et atteint 17 livres en 1770-1775. Celui du mousse se situe à un niveau encore bien inférieur : pendant les mêmes périodes quinquennales retenues, il représente, en moyenne, 10 et 12 livres.
En 1718, un capitaine au long cours gagne 100 livres par mois, un matelot, en moyenne, 23 livres, soit une proportion d'environ de 1 à 4. Cette amplitude se retrouve pratiquement identique en 1775. Elle s'aggrave cependant si l'on compare le salaire du capitaine avec celui d'un mousse. L'écart qui les sépare est a lors de 1 à 10.


https://www.persee.fr/doc/dhs_0070-6760_1982_num_14_1_1412
1. — De 100 à 300 livres par an, les salaires «ouvriers »
2. — De 300 à 1 000 livres par an, les salaires «professionnels »
3. — De 1 000 à 3 000 livres par an, les salaires de «cadres moyens »
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ogobin
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Merci à tous deux de vos éclairages. J'ai repoussé ma réponse, souhaitant vous en dire plus sur mes avancées.
En effet, les contours des métiers diffèrent d'une région à une autre, d'une décennie à une autre autre. Le terme de laboureur est bien de ceux-là.
Le travail de Jean Sgard sur l'échelle des revenus m'a été d'une grande aide. Mais les soldes provençales sont plus généreuses que ce qu'on peut lire sur les Rôles d'embarquement de mon aïeul. Merci pour ces liens.
Guillaume Combaud dépend du Quartier maritime de Bourgneuf. C'est la partie littorale au sud de La Loire, dans le sud de l'actuelle Loire-Atlantique. C'est alors encore dans la Bretagne administrative. Il fait 1 campagne en 1751 sur L'Illustre, vaisseau royal. Ensuite, il s'engage 6 fois sur des navires marchands au départ de Nantes. Ce ne sont pas des corsaires, ils naviguent tous en droiture Nantes-Saint-Domingue. J'ai pu retrouver tous les Rôles d'embarquement, sauf le dernier La Gabrielle.
Peu après son départ de Nantes, en mars 1756, La Gabrielle sera arraisonné dans l'Atlantique par une frégate anglaise et conduit à Plymouth.(depuis deux ou trois ans, la France est opposée à l'Angleterre pour les possessions nord-américaines, puis ce sera la Guerre de Sept ans). Tous les marins sont retenus prisonniers. Certains y mourront dont mon aïeul. Deux prisonniers libérés attesteront de sa mort devant la Juridiction locale, permettant ainsi à sa veuve de se remarier en 1761.
Il s'était engagé en 1751 (système des Classes depuis Colbert) dans la Marine Royale pour 10 livres. Dans les faits, ce sera 11. C'est à peu près le salaire d'un journalier. Mais il devait savoir qu'il pourrait gagner plus dans la marine de commerce. Et ce sera le cas: tous ses engagements dans la marine marchande se feront pour 30 à 32 livres/mois.
La capitation versée par son père en 1742 est de 9 livres, celle de son beau-père: 6 livres. La capitation n'est pas exactement un impôt sur le revenu, mais un forfait en fonction de la catégorie sociale. Au plus bas, les valets (2 livres ici), au-dessus sont les journaliers, et au-dessus encore les laboureurs. C'est dire que la famille Combaud est modeste.
Je pense pouvoir supposer le - ou en tous cas l'un des motifs- de son engagement. Surtout récemment marié et dans l'attente d'un enfant. Dans tout ce XVIIIe siècle, ils seront des milliers à partir de cette petite région appelée Le Pays de Retz, située entre la Loire et l'Océan.
Cette chronique s'est transformée en 4 pages historiques puisque le destin de Guillaume Combaud nous raconte la marine de son époque et croise l'Histoire: système des Classes, revenus, réalités humaines de la navigation, parcours personnel, commerce en droiture, comment être sûr si traite négrière ou non, pontons de Plymouth, conventions Angleterre/France réglant la captivité des gens de mer, etc, etc...
Merci encore et vive la communauté Généanet!
Bilagor
Matricule Guillaume Combaud 1751.pdf
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